On a retrouvé la maison de Camille Saint-Saëns à Gran Canaria et elle est impressionnante

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria septembre 26, 2018 21:17

On a retrouvé la maison de Camille Saint-Saëns à Gran Canaria et elle est impressionnante

Le célèbre compositeur et musicien français Camille Saint-Saëns est étroitement lié à Gran Canaria où il a séjourné plusieurs fois pendant de longs mois. La maison où il résidait existe encore, nous sommes partis à sa recherche, et nous l’avons retrouvée. Elle est impressionnante !

Isolée en pleine nature, dans un environnement agricole, la maison où séjournait Camille Saint-Saëns est une résidence de style bourgeois, autrefois propriété d’un riche commerçant d’origine française – Juan Ladeveze Redonnet -, qui l’avait acquise en 1889 et lui a donné pour nom la Villa Melpómene. [ Voir galerie photos en bas de page ]

À première vue, la Villa Melpómene se présente comme une bâtisse rectangulaire de dimensions assez impressionnantes, répartie sur deux étages et d’apparence relativement austère. Elle ne ressemble en rien à l’architecture traditionnelle canarienne avec des balcons de bois. Les murs sont peints d’un rouge profond assez courant dans la région, les portes et les fenêtes sont en vert.

Étrangement, la maison ne ressemble pas vraiment non plus à un lieu de villégiature. On ne sent pas l’été ni la détente, il n’y a ni jardin, ni bassin, ni cours, ni terrasse. Rien de ce qui caractérise d’habitude une résidence sous des latitudes clémentes comme celles de Gran Canaria. On n’y trouve aucun aménagement extérieur. Avec ses deux grandes portes voutées au rez-de-chaussée, prêtes à accueillir des machines ou des animaux, on dirait bien plus un hangar agricole qu’une résidence de vacances.

La vue dont diposait Camille Saint-Saëns sur la campagne et la montagne de Galdar à l’horizon.

Si la Villa Melpómene devait se découper fièrement sur l’horizon du temps de sa construction, entourée d’arbres fruitiers et de bannaniers, il en va tout autrement aujourd’hui. En effet, la maison se trouve maintenant en contrebas de l’autoroute du nord qui la frôle quasiment et la dissimule totalement à la vue, en l’écrasant de son ombre imposante. Il faut vraiment la chercher pour la trouver. Qui plus est, aucune plaque, ni aucune indication ne vient rappeler qu’il s’agit de la fameuse maison de Camille Saint-Saëns.

Non seulement la Villa Melpómene a presque disparu à la vue mais elle se trouve dans un piètre état. Les deux étages sont à l’abandon et l’intérieur donne l’impression de tomber en ruine. Une autre maison y est accolée et elle est dans un bien pire état encore. Ça fait peine à voir. Au rez de chaussée de la villa, une pièce semble habitée ou occupée, mais impossible de savoir s’il s’agit d’un logement légal ou d’un squat. Les seuls éléments décoratifs qui subsistent encore sont une frise peinte au niveau du toit et le nom de la maison écrit avec des lettres en relief clouées sur la paroi.

Camille Saint-Saëns à Gran Canaria, ici lors d’une visite à Monte Lentiscal.

On dit que Camille Saint-Saëns a composé dans cet endroit une grande partie de son célèbre opéra Samson et Dalila, d’autres affirment qu’il y aurait plutôt écrit Dejanaire, à moins que ce ne soit les deux ! Il aimait sentir la proximité de la nature, écouter les oiseaux chanter, entendre le bruit du vent, de la mer, des arbres. Il buvait le lait fraichement trait des vaches voisines en l’accompagnant de gofio. De la Villa Melpómene, il avait une vue magnifique sur les champs et sur la montagne de Galdar à l’horizon.

Camille Saint-Saëns est venu sept fois en tout à Gran Canaria au cours de sa vie, de 1890 à 1909. Il était véritablement motivé car il s’agissait alors d’un voyage très long, fastidieux et fatigant, avec de nombreuses escales. Mais il semble que Gran Canaria offrait à ses yeux quelque chose qu’il ne trouvait nulle part ailleurs.

La première fois qu’il est venu, il a pris un pseudonyme pour passer incognito. Il se faisait appeler Mr. Charles Sannois. Mais il a vite été reconnu par ce fameux commerçant d’origine française, Juan Ladevez Redonnet, qui lui a aussitôt proposé d’habiter sa villa. Camille Saint-Saëns a été déclaré fils adoptif de la ville de Las Palmas en 1900. Aujourd’hui, sa statue se trouve sur une place de la ville et de nombreuses rues de l’île portent encore son nom.

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