Le souvenir du compositeur français Camille Saint-Saëns toujours bien vivant à Gran Canaria

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria janvier 29, 2015 12:12

Le souvenir du compositeur français Camille Saint-Saëns toujours bien vivant à Gran Canaria

Le musicien français Camille Saint-Saëns est certainement une des personnalités étrangères qui a le plus marqué l’histoire de Gran Canaria. Plus d’un siècle après son dernier voyage, les traces de son séjour sur l’île sont nombreuses et encore bien visibles aujourd’hui. Sans parler de toutes ces anecdotes qui se racontent encore à son sujet comme s’il venait juste de sortir de la pièce.

Camille Saint-Saëns est un compositeur français de génie né en 1835 et mort en 1921 à 86 ans. On lui doit de nombreux opéras et pièces de musique devenues culte avec le temps comme Samson et Dalila, Le Carnaval des animaux ou La Danse macabre. Grand voyageur, il parcourut le monde et séjourna plusieurs fois dans sa vie à Gran Canaria où ses visites ont laissé un fort souvenir et où l’on trouve encore de nombreuses traces de son passage.

Camille Saint-Saëns

En 1888, Camille Saint-Saëns est déprimé par la mort de sa mère et les soucis qu’il rencontre avec sa nouvelle création, l’opéra Ascanio, il décide de fuir Paris, quitte son appartement de la rue Monsieur le Prince et part vers le sud, le soleil, la chaleur. Son errance le mène à Malaga, puis à Cadiz où il finit par s’embarquer pour Gran Canaria. Il séjourne sur l’île plusieurs mois jusqu’en avril 1890. À partir de là, il se montrera fidèle à Gran Canaria où il reviendra plusieurs fois en vacances, toujours en hiver, pour des séjours de deux à cinq mois.

Quand il arrive la première fois à Las Palmas, Camille Saint-Saëns a dû prendre un pseudonyme pour passer incognito. Il s’appelle alors Charles Sannois. Il loge à l’hôtel Cuatro Naciones de la calle de Los Remedios. En peu de temps, il retrouve sur l’île la sérénité de l’espritMais sa renommée est telle qu’un passant finit par le reconnaître dans la rue, place Santa Ana à Las Palmas, c’est un autre Français, du nom de Juan Ladeveze Redonnet, propriétaire d’une exploitation agricole. Il faut dire que son portrait a été publié par la presse à l’occasion de la sortie de son nouvel opéra et que ces journaux viennent juste d’arriver à Gran Canaria.

 

Une résidence à Santa Maria de Guía

Très vite, la rumeur de la présence de Camille Saint-Saëns se répand partout sur l’île et ledit Français qui l’a reconnu dans la rue l’invite à séjourner chez lui, dans le petit village de Santa Maria de Guía, au nord de l’île, au lieu dit Llanos de Parra. Le domaine s’appelle Villa Melpómene et la maison existe toujours.

Villa Melpómene

La Villa Melpómene où séjourna Camille Saint-Saëns, au lieu-dit Llanos de Parra, à Santa Maria de Guía, Gran Canaria.

C’est dans cette villa que Saint-Saëns a composé son opéra Dejanaire. Pendant ses séjours dans cette demeure, le compositeur se lia d’amitié avec Manual Rodríguez Ojeda, propriétaire d’une exploitation voisine, avec lequel il passait de nombreuses heures à discuter, partageant le lait fraîchement trait des vaches de la ferme accompagné de gofio.

[ On a retrouvé la maison de Camille Saint-Saëns à Gran Canaria et elle est impressionnante ]

Le nom Melpómene, inscrit en haut de la façade de la villa fait référence à la fille de Zeus et Mnemósine dans la mythologie grecque, Melpómene (mélodieuse), une des deux muses du théâtre. Elle fut d’abord considérée comme la muse du chant et de l’harmonie musicale avant d’être plutôt connue aujourd’hui comme la muse de la tragédie. C’est probablement le compositeur lui-même qui l’a baptisée ainsi, en s’inspirant de son opéra Hélène qui fut joué pour la première fois en 1904.

Un autre épisode lié à Saint-Saëns a marqué la vie de la petite commune de Guía et se produisit cette fois en 1900, précisément le 14 janvier, à l’occasion de l’inauguration de l’orgue de l’église paroissiale Santa María de Guía, aujourd’hui en plein travaux de rénovation. Le musicien français avait été invité en personne à jouer de l’instrument qu’on venait tout juste de ramener de Turin et il interpréta notamment son Te Deum, une de ses œuvres les plus connues et réputées.

Cette scène est évoquée par l’écrivain Francisco González Díaz qui la décrivit ainsi : “L’orgue trônait, chantait sur Guía qui tremblait tout entière, et les rafales de la tempête sonore faisaient tourner les têtes, comme se couchent les épines face au vent.”

 

Sept fois Gran Canaria

En tout, Camille Saint-Saëns a séjourné sept fois à Gran Canaria. La première s’est terminée le 18 avril 1890. La deuxième s’est produite du 1er janvier au 1er mars 1894. La troisième fut du 22 janvier au 26 avril de 1897. Il revint ensuite à peine quelques mois plus tard du 25 décembre 1897 à mars 1898, pour revenir encore le 31 décembre de la même année et repartir cette fois le 27 mai 1899, pas mal plus tard que d’habitude. Il vint de nouveau à la fin de cette année, en décembre 1899, pour s’en aller le 28 mars 1900. Il reste ensuite huit années sans venir puis réapparaît pour la dernière fois le 26 décembre 1908 avant de repartir définitivement le 4 mars 1909. Il avait alors 74 ans.

Orgue de l'église Santa Ana à Santa Ana de Guía

Orgues de l’église Santa Ana à Santa Ana de Guía, Gran Canaria inaugurées par Camille Saint-Saëns en janvier 1900.

Saint-Saëns s’est inspiré de Gran Canaria pour composer des airs célèbres dont Les Cloches de Las Palmas et La Valse Canarienne qu’il écrivait en 1890 à Paris, au retour de son premier séjour sur l’île et qu’il avait dédié à “Mademoiselle Candelaria Navarro Sigala”, une jeune femme qui avait joué du piano pour lui, croyant alors qu’il était un commerçant français du nom de Charles Sannois, le pseudonyme qu’il avait adopté.

Camille Saint-Saëns s’est toujours senti heureux à Gran Canaria. Il aimait le calme, il aimait les gens. Il a connu l’île à une époque ou la modernité commençait à apparaître et à s’imposer. Le port était en construction et attirait les premiers touristes. On était en train d’implanter l’électricité. Il s’y sentait comme chez lui.

Il fut l’ami de nombreuses célébrités locales comme Agustín Millares Torres et ses fils Luis et Agustín, auxquels il offrit une poésie écrite de sa main “La Statue”, mais aussi du curé Fray José Cueto de la Maza, et des principales familles de l’île dont Alejandro Hidalgo Romero, qui l’emmena en excursion à Tejeda et Tirajana, et des membres de la Société Philharmonique comme Luis Valle, Rafael L. Avellaneda, Eduardo Benítez Inglott et Manuel de la Torre qui lui firent visiter Bandama. Il aimait la plage de La Laja qu’il observait depuis un petit studio que possédait le peintre catalan Eliseo Maifrén Roig, où ils partageaient de bons moments avec Néstor Doreste et Miguel Padilla.

Une mémoire encore vive plus d’un siècle plus tard

À cette époque, Diego Mesa de León était le président de la Société Philharmonique de Gran Canaria et Camille Saint-Saëns assistait souvent aux répétitions de l’orchestre. Il se portait systématiquement volontaire pour remplacer n’importe quel musicien absent, quel que soit son instrument, démontrant par la même l’incroyable étendue de son talent et de ses compétences musicales. Il pouvait jouer de tout !

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Le Bodegon Vandama à El Monte, où Camille Saint-Saëns a joué du piano.

Aujourd’hui encore, au restaurant Bodegón Vandama, situé près de la Caldera et du célèbre Pico de Bandama, se trouve un piano qui appartint à ce sieur Diego Mesa de León et sur lequel Camille Saint-Saëns a joué lors d’une de ses visites à la finca du Monte Lentiscal. Ce piano est toujours visible si on se rend sur place.

Au cours de ses séjours, Camille Saint-Saëns a offert divers concerts sur place, qui ont fait date dans la vie culturelle de l’île, présentant ses propres œuvres et jouant lui-même au piano, comme il le fit en décembre 1897 et janvier 1909. En 1900, Camille Saint-Saëns a été nommé fils adoptif de la ville de Las Palmas. En 1985, l’auteur Nicolás Díaz-Saavedra de Morales a consacré un livre à l’étude des sept séjours de Camille Saint-Saëns à Gran Canaria (Saint-Saëns en Gran Canaria, Real Sociedad Económica de Amigos del País).

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Les hommes et femmes célèbres de passage à Gran Canaria :

 

 

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