Rencontre avec François Ralle Andreoli, conseiller consulaire à l’ambassade de France à Madrid

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria janvier 5, 2015 17:54

Rencontre avec François Ralle Andreoli, conseiller consulaire à l’ambassade de France à Madrid

Faits saillants

  • Conseiller consulaire à l’ambassade de France à Madrid depuis mai 2014, François Ralle Andreoli est engagé en politique auprès des Français d'Espagne - et notamment des îles Canaries et de Gran Canaria - auxquels il a souhaité s'adresser en ce début d'année, non seulement pour leur présenter ses voeux mais aussi pour évoquer son parcours et les grandes lignes sur lesquelles il compte travailler tout au long de son mandat.

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François Ralle Andreoli est conseiller consulaire à l’ambassade de France à Madrid, poste où il a été élu en mai dernier. Installé en Espagne depuis de nombreuses années, professeur d’histoire au lycée français de Madrid, ce jeune père de famille, marié à une Espagnole, est avant tout un humaniste, militant dans l’âme, qui ne compte pas ses heures pour défendre les causes dans lesquelles il croit. 

Nous l’avons rencontré et il a accepté d’évoquer son parcours et de se livrer sur la nature de son engagement. Il tient également à s’adresser personnellement aux Français et Françaises de Gran Canaria et des îles Canaries.

Avant tout, je voudrais remercier ICI GRAN CANARIA de me permettre de m’adresser aux Françaises et Français des Canaries. JePlusPetit souhaite leur transmettre tous mes vœux de bonheur et de réussite pour 2015.

On sait que la situation économique n’est pas au mieux et que beaucoup de nos concitoyens ont ouvert de petits commerces ou bien travaillent dans des secteurs comme la restauration et l’hôtellerie qui ont souffert de la crise. Les chiffres du tourisme sont à nouveaux bons et le cadre merveilleux des îles. et de Gran Canaria en particulier, continuera à attirer les visiteurs. Pour autant, il faut renforcer nos liens avec ces Français des îles.

Il faut d’abord se battre comme nous l’avons fait ailleurs pour récupérer le poste d’agent consulaire perdu à Las Palmas. Il faut aussi que les autorités françaises fassent des gestes concrets pour y répercuter notre politique culturelle – bien réduite dans les îles – et scolaire, en protégeant l’avenir du lycée René Verneau. J’en fais une priorité, vous pouvez compter sur moi pour rendre visibles ces milliers de Français des Canaries auprès des autorités que je rencontre et j’appuierai toutes les initiatives qui vont dans ce sens. Je suis un élu de terrain et évidemment je reste en permanence à la disposition de tous nos concitoyens. Ensuite, il ne faut pas oublier que nous devons aussi agir de concert avec nos amis espagnols pour défendre les Canaries, en particulier pour ce qui est des questions des prospections pétrolières au large, qui me préoccupent tout particulièrement.

 

Famille, parcours et origines

J’ai un parcours très international et très attaché à l’Espagne. Mes parents, universitaires, enseignaient l’espagnol et se sont rencontrés à la faculté de Besançon. Mon frère et moi sommes donc issus de cette histoire d’amour entre deux personnes d’origines très lointaines.

François Ralle Andreoli au Parlement Européen à Bruxelles avec F. Delapierre

François Ralle Andreoli au Parlement Européen à Bruxelles avec François Delapierre, organisant un réseau écologiste européen…

Ma mère – que j’ai perdue très jeune – était une italienne émigrée au Brésil puis exilée en France pendant la dictature militaire. Elle avait été renvoyée de son université parce qu’elle enseignait la liberté, à travers les textes de Voltaire. Elle est donc partie vers le pays de la liberté, la France.

Du côté de mon père ? Un grand père bordelais qui faisait d’excellents foies gras et une grand-mère espagnole, d’un petit village à la frontière du Portugal près de Salamanca, qui m’a enseigné à travailler dur et à aimer la vie. Elle est partie en France travailler dans les usines à l’âge de 12 ans, dans les années 1920. Elle savait de quoi elle parlait ! Un coeur d’or auquel je dois beaucoup.

Ce sont des attaches multicolores dont je suis fier et qui me font sentir très français. C’est la richesse de notre pays, que d’avoir accueilli tous ces gens et de les réunir autour d’une aventure commune, d’où qu’ils viennent et où que les conduisent leur parcours y compris loin de la France, comme nous qui vivons ici, dans la péninsule ou aux Canaries, mais qui restons fiers de ce que nous sommes.

J’ai la chance de défendre les valeurs de mon pays depuis 14 ans que je vis en Espagne, d’abord comme coopérant au service culturel de l’Ambassade, puis comme enseignant et maintenant en représentant nos compatriotes.

 

Formation et vie professionnelle

Pour ce qui est de mes études, j’ai hésité jusqu’au dernier moment entre la médecine et l’histoire, aider et soigner les autres ou comprendre pourquoi nos héritages nous ont amenés à ce que nous sommes. Peut-être que la politique est une bonne synthèse des deux ? J’ai choisi l’histoire, j’ai eu la chance de faire une classe préparatoire et d’intégrer l’École Normale Supérieure de Saint Cloud. Je me souviens encore des pleurs de ma grand-mère au téléphone quand je lui ai annoncé la nouvelle, elle qui avait quitté l’Espagne profonde en ne sachant ni lire ni écrire.

François Ralle Andreoli à Londres.

François Ralle Andreoli à Londres, avec Sylvain Savier, engagé auprès des Français de l’étranger en Grande Bretagne.

J’ai travaillé par la suite dans le monde audiovisuel, comme assistant de réalisation, monteur et je suis parti faire des reportages graphiques dans de nombreux endroits de la planète, expérience que je recommande à tous nos jeunes avant de se stabiliser quelque part. Evidemment pour moi, l’Espagne fonctionne comme un aimant et j’y suis revenu  pour y faire le service militaire à l’Ambassade de France et je n’en suis plus reparti.

A l’époque, plus grand monde ne faisait le service et beaucoup de mes amis se faisaient exempter, moi, il me semblait que je devais cela à mon pays et j’ai choisi la coopération. Ma vie ne serait pas la même sans cette décision. On avait prévu de m’envoyer en Corée  du Sud et puis le hasard a fait que j’ai du remplacer quelqu’un… à Madrid. Comme beaucoup des nôtres qui vivent ici, j’y ai fait ma vie, après avoir rencontré Ana, avec qui j’ai eu depuis 3 enfants. Comme j’avais auparavant obtenu l’agrégation d’histoire eh bien, pour rester, j’ai embrassé la carrière d’enseignant au lycée français de Madrid, métier que j’adore car j’ai la chance d’avoir des élèves merveilleux français, espagnols et d’ailleurs.

 

Convictions politiques et valeurs

Mon engagement politique repose sur les valeurs que l’on m’a transmises, la solidarité (il y avait toujours des gens chez nous, logés, de passage) et le refus de toute forme d’injustice et d’impunité. J’ai été de nombreux combats dès mon adolescence, toujours pour défendre les plus faibles et ceux qui partent dans la vie avec moins de chance que les autres, situation qui fonctionne trop souvent comme un cercle vicieux : moins de chance à l’école, position de faiblesse dans les rapports de force au travail…

Francois.Ralle.Andreolia-Pablo.Iglesias

Francois Ralle Andreoli avec Pablo Iglesias (Podemos).

Dans le monde actuel, avec ces immenses puissances financières qui se sont constituées, j’ai d’ailleurs l’impression que le cercle de ceux qui sont en bas s’élargit sans cesse. Il fallait réagir. Après avoir travaillé à Bilbao puis Valence, avant d’enfin rejoindre Ana à Madrid, j’ai repris de l’actif. Je devais faire quelque chose quand j’ai vu peu à peu mes amis espagnols se retrouver tous au chômage, et tomber les uns après les autres, devoir accepter malgré leur formation et leur expérience des métiers payés moins de 700 euros par mois pour pouvoir donner quelque chose à manger à leurs enfants.

J’ai toujours pensé que quelque chose n’allait pas dans le fonctionnement de l’Union Européenne, telle que l’ont dessinée dans le dos des peuples, les grands partis au pouvoir, les partis conservateurs et les partis dits « socialistes » qui gouvernent ensemble dans de nombreux pays de l’UE, votent 70% des directives ensemble à Bruxelles et se partagent les postes de la commission. Le rêve européen pour quelqu’un de gauche, c’est un grand projet, rapprocher les peuples, les faire collaborer entre eux et avec les pays du Sud. Mais là, on a mis en place la concurrence de tous contre tous, plutôt que la collaboration.

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Par Ici Gran Canaria janvier 5, 2015 17:54
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