Crise du Coronavirus à Gran Canaria : le point après un mois et demi de confinement

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria avril 25, 2020 22:07

Crise du Coronavirus à Gran Canaria : le point après un mois et demi de confinement

Les résidents de Gran Canaria sont soumis à un confinement très strict depuis un mois et demi et des mesures de déconfinement commencent à peine à être envisagées, notamment pour le tourisme, voici le point sur la situation actuellement sur l’île.

À Gran Canaria, le confinement est en vigueur depuis le 13 mars dernier. Tous les établissements touristiques sont fermés, les événements annulés, les plages et les piscines désertées, il n’y a plus personne nulle part, même les résidents étrangers qui travaillaient ici ont fini par repartir massivement dans leurs pays d’origine respectifs. Un véritable tsunami a balayé l’île.

À l’heure actuelle, la dernière date annoncée par le gouvernement espagnol pour un possible déconfinement serait à partir du 10 mai. On parle ici tout comme ailleurs d’un déconfinement progressif dont les modalités restent à préciser, mais dans tous les cas, en ce qui concerne le tourisme, il faut bien comprendre que cela va prendre beaucoup de temps et que plus rien ne sera jamais exactement comme avant. Le modèle que nous avons tous connu il y a si peu de temps n’est plus désormais qu’un souvenir, cela ne reviendra plus, jamais à l’identique.

À quel type de changements s’attendre ? D’une part, il est à craindre que de nombreux établissements risquent de ne jamais rouvrir, il y en aura donc forcément moins, le paysage commercial ne sera plus le même, et d’autres part ceux qui auront la chance de pouvoir ouvrir leurs portes le feront dans des conditions totalement nouvelles en devant se soumettre à des mesures de sécurité inédites, plus ou moins astucieuses et faciles à mettre en place, et qui vont tout transformer, comme porter des masques, devoir se nettoyer au gel ou prendre sa température à tout instant.

Un nouveau tourisme soumis à des règles strictes

Parmi les mesures qui pourraient être annoncées, on entend beaucoup parler de l’obligation de placer des parois isolantes, de types hygiaphone, un peu partout dans les espaces publics, notamment dans les réceptions d’hôtel. Les buffets devraient être interdits partout et la restauration sera limitée au service aux tables avec pas plus de trois personnes en même temps et séparées par une certaine distance. Tout cela est à vérifier.

Dans ce climat d’incertitude, certains hôtels parlent néanmoins déjà d’une réouverture possible et visent la mi-mai pour reprendre leurs activités. Rien ne dit qu’ils pourront le faire, mais même si c’est le cas il faut bien comprendre qu’ils ne pourront s’adresser qu’à une clientèle locale et très réduite, avec un mode de fonctionnement revu selon les nouvelles normes, sans piscine, sans buffet, sans possibilité de former des groupes, avec interdiction de coller les chaises transat les unes aux autres.

On ne sait pas du tout si ce genre de programme va intéresser les vacanciers ou pas, ni quelle sera la réponse du public à ce tourisme d’un nouveau genre. On sait encore moins si ce sera rentable et si les prix vont changer. Il se pourrait que le modèle de tourisme à bas prix comme on l’a toujours connu ici soit sérieusement bousculé. Certains pourraient en profiter pour hausser les prix sous prétexte de financer les pertes passées.

Quel accès aérien après la crise ?

Comme si ce n’était pas assez, Gran Canaria est confrontée à une autre difficulté encore plus importante, c’est qu’il s’agit d’une île, d’une île isolée qui plus est, et donc nous avons absolument besoin d’avions pour fonctionner. Or des avions, il n’y en a plus. On est passé du jour au lendemain d’un trafic ininterrompu, de jour comme de nuit, tous les jours de l’année, y compris les jours fériés, à plus rien du tout et on ne sait absolument pas quand tout cela va reprendre et si cela va reprendre un jour.

D’autant plus que la majorité des compagnies aériennes qui se posaient ici sont des compagnies low cost dont l’avenir est particulièrement menacé et qui seront certainement les dernières à être sauvées par les gouvernements. Si elles sont sauvées. Les observateurs pensent qu’une compagnie aérienne sur deux pourraient disparaître d’ici le mois de juin, d’autres affirment que le trafic ne pourrait pas revenir à celui d’autrefois avant 4 ou 5 ans, et en étant optimiste ! On sait d’ores et déjà que Norwegian et GermanWings étaient en grande difficulté. Ça ne va pas être drôle non plus pour Volotea, Transavia ou Easy Jet. Quant à Ryanair, la compagnie est déjà en guerre avec tout le reste de la profession en Europe ! Ça part mal pour un retour sans douleur et dans l’harmonie.

Toujours au niveau des liaisons aériennes, il faudra tenir compte par ailleurs de l’ouverture des frontières dans chaque pays. Gran Canaria fonctionne avec une clientèle internationale, cela signifie que nous avons besoin de connexion avec de nombreux pays en même temps. Si la moitié d’entre eux n’ouvrent pas leurs frontières, si l’Espagne elle-même reste confinée, cela risque de rendre tout cela extrêmement compliqué, long et hasardeux. Sans compter que les aéroports eu-mêmes peuvent en rajouter en créant de nouvelles complications à l’embarquement, des passeports santé ou on ne sait quoi. Gran Canaria n’est donc pas prêt de retrouver les trois millions de touristes qui visitaient l’île chaque année jusqu’à présent.

Une catastrophe économique et humaine

Pendant ce temps, les commerçants et les professionnels du tourisme assistent impuissants à la fin de tout un âge d’or et craignent évidemment pour la survie de leur propre établissement, qui représente souvent des années de travail et d’importants investissements humains comme financiers.

Particulièrement à Playa del Inglés, où sont implantés la majorité des établissements francophones de l’île, c’est une situation terriblement angoissante et anxiogène pour la plupart des travailleurs, qu’ils soient patrons ou employés. Nul doute que la crise du coronavirus se traduira hélas par une véritable catastrophe humaine et économique pour un grand nombre d’entre nous.

Nous recevons énormément de messages de soutien de vacanciers et résidents occasionnels qui nous assurent tous qu’ils veulent revenir et qu’ils vont revenir, mais la vraie question, c’est plutôt pourront-ils revenir, les laissera-t-on voyager de nouveau aussi nombreux et à quel prix ? On en a pour l’instant absolument aucune idée et toutes les hypothèses sont sur la table en attendant de savoir à quelle sauce on va être mangé et ce que l’avenir nous réserve.  C’est résolument une grande période d’incertitude qui vient de commencer pour le tourisme à Gran Canaria. Personne ne sait ce qu’il va advenir ni dans quelles conditions.

 

Service de soutien psychologique gratuit en français à Gran Canaria et aux Canaries

 

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