À Maspalomas, les propriétaires de bar n’en peuvent plus de faire la police des masques

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria août 18, 2020 11:51

À Maspalomas, les propriétaires de bar n’en peuvent plus de faire la police des masques

Suite à l’imposition de nouvelles normes de sécurité toujours plus strictes et restrictives, les propriétaires de bar n’en peuvent plus de faire la police des masques à la place de la police. Plusieurs incidents ont éclaté dans un climat de tension extrême.

Depuis l’instauration des nouvelles normes de sécurité, le gouvernement se contente de reporter sur les commerçants toute la responsabilité de faire appliquer les règles et la discipline d’état, créant ainsi un fort climat de tension et d’insatisfaction entre les propriétaires d’établissements et leurs clients.

Rien ne va plus dans les stations balnéaires du sud de Gran Canaria, la tension est extrême entre les propriétaires ou employés des bars et certains de leurs  clients. La bonne entente vole en éclats. Les nerfs sont tendus. Du jamais vu au pays du sourire, du farniente et de la liberté ! Plusieurs incidents ont déjà éclaté en l’espace de seulement quelques jours.

Au cours des semaines précédentes, au moins trois bars différents ont dû publier sur leur page Facebook des récits relatant des réactions négatives, de l’indiscipline ou du refus de collaborer de la part des clients, qui ont chaque fois donné lieu à des incidents ou des échauffourées. Dans tous les cas, cela se passe à peu près de la même façon. Au début, les clients se montrent toujours conciliants, ils disent tous oui à tout, tous assurent de leur collaboration, ils sont prêts à accepter tout ce qu’on leur demandera du moment qu’on les laisse entrer ou s’asseoir. Mais très vite les manquements apparaissent, l’insurrection surgit, le mécontentement envahit tout l’espace. L’ambiance vire au cauchemar.

 

Trois exemples d’incidents en l’espace de quelques jours à peine

Fin juillet, un des plus importants bar de drague gay de Maspalomas, et le plus grand en superficie, a tenté l’aventure de la réouverture avec la simple ambition de faire respecter les nouvelles règles de sécurité sanitaires. les consignes étaient clairement exposées, sans aucune ambiguïté  : port du masque obligatoire, prise de température à l’entrée, nettoyage et désinfection, distance de sécurité, etc. Tout était prévu pour permettre un parfait fonctionnement dans le respect des normes sanitaires imposées par le gouvernement. Oui, mais voilà, une semaine plus tard, il a fallu fermer de nouveau. Impossible de se faire respecter par les clients. La direction a préféré renoncer à l’idée de rester ouvert plutôt que de se battre en permanence avec des clients récalcitrants et de risquer des problèmes avec la police.

Deuxième cas, la semaine dernière (8 août 2020), un autre bar gay, cette fois au Yumbo. L’établissement dispose d’une vaste terrasse et a donc décidé d’en profiter pour rouvrir ses portes dans le respect des consignes de sécurité. Là encore toutes les consignes étaient clairement exposées et les clients semblaient s’engager à les respecter. À celles-ci s’ajoute dans ce cas, l’interdiction de former des groupes de plus de 10 personnes et l’interdiction de fumer. Et très vite, la même situation se présente de nouveau. Les clients disent oui au début, puis il y a des incivilités, des manquements, des protestations… Le personnel de l’établissement fait ce qu’il peut pour faire respecter les règles mais impossible, les récalcitrants sont trop nombreux. Au final, la police a débarqué et l’établissement a été fermé.

Autre cas, pas plus tard que le 15 août 2020. Encore un bar. Toujours au Yumbo. Et de nouveau une vaste terrasse pour accueillir les commensales. Les règles sont toujours aussi nombreuses et toujours aussi strictes. Marquage au sol… Capacité d’accueil limitée… Tout le monde est au courant de la situation et tout le monde sait ce qu’il y a à faire. Et pourtant, là encore… des clients récalcitrants, l’incivilité, la provocation… le personnel n’est pas là pour subir ça, n’est pas là pour répondre à ça… Et très vite, le ton monte. Les accusations. Les reproches. Au final, la direction de l’établissement a dû publier une lettre d’excuse sur sa  page Facebook le lendemain en parlant d’emportement, de confusion… on les comprend.

 

Le climat social de Gran Canaria est en train de voler en éclat

Ces trois cas sont loin d’être isolés et ce scénario se reproduit en écho partout à Gran Canaria, partout où il y a des bars, des restaurants, des règles à respecter, des clients récalcitrants… C’est tout le climat social des stations balnéaires du sud qui est en train de voler en éclat sous la pression du coronavirus. Les gens n’en peuvent plus. Les clients comme les professionnels du tourisme. Les uns en ont marre de jouer à la police et les autres en ont marre d’être traités comme des délinquants. Les gens sont tendus. Les uns parce que leur commerce est en train de s’effondrer, les autres parce que leurs vacances sont fichues.

Certes on peut comprendre les clients…. Ils sont en vacances, ils veulent s’amuser, ils veulent se sentir libres et ils ne veulent pas qu’on les embête. Qui plus est, ils ont souvent l’esprit chaud, ils ont bu, ils sont en état d’ébriété et ne se rendent pas toujours compte de ce qu’ils disent ou font, ils sont très vitre incontrôlables, et très susceptibles… Mais on peut comprendre les professionnels du tourisme aussi. Ce sont des commerçants, pas des inspecteurs de police ni des mercenaires. Ils ne sont pas là pour tout supporter, se faire insulter et se laisser maltraiter…

Au vu de toutes ces circonstances, il est évident que le problème ne provient ni des clients ni des propriétaires de bar, mais bel et bien des différents paliers de gouvernement qui reportent sur les professionnels du tourisme l’application des règles de sécurité qu’ils ont édictées, tâche qui devrait être assumée par la police ou par des agents du gouvernements, mais en aucun cas par des particuliers.

Jusqu’où cette situation peut-elle perdurer ? Faudra-t-il qu’un propriétaire d’établissement se fasse agresser par un client pour que le gouvernement réagisse et qu’on se rende compte qu’on leur en demande trop, que personne ne peut se substituer à la police que la police elle-même ? Quand le gouvernement va-t-il prendre ses responsabilités au lieu de toujours les reporter sur les autres ? Déjà des manifestations apparaissent un peu partout contre les masques et les mesures de sécurité. Les esprits s’échauffent.

 

Ouvrir ou rester fermé, le cruel dilemme des commerçants du tourisme à Gran Canaria

 

 

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