Quel avenir pour le tourisme à Gran Canaria et aux Canaries après la crise du coronavirus ?

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria avril 8, 2020 16:31

Quel avenir pour le tourisme à Gran Canaria et aux Canaries après la crise du coronavirus ?

L’activité touristique est complètement à l’arrêt à Gran Canaria et aux îles Canaries depuis déjà un mois et pour une période encore indéterminée, si bien que nombreux sont ceux qui se demandent quel sera l’avenir de Gran Canaria une fois terminée la crise du coronavirus.

Les îles Canaries ainsi que toute l’Espagne continentale sont entrées en confinement depuis le 13 mars dernier pour une période de 15 jours, qui s’est transformée en un mois et bientôt peut-être deux, voire plus. Dès lors de nombreuses questions se posent. L’activité touristique va-t-elle reprendre un jour et, si oui, dans quelles conditions ?

Quand nous sommes entrés en confinement, tout au début de cette histoire, tout le monde pensait que ce serait pour une courte période. Quelques semaines tout au plus, voire un mois, maximum deux, et cela laissait présager encore un certain avenir, la possibilité que tout reprenne un jour exactement comme avant et que l’activité touristique locale s’en sorte. Que les touristes reviennent à courte ou moyenne échéance et qu’on réussisse à limiter la casse, que le secteur renaisse, malgré quelques dommages. Aujourd’hui, on sait qu’il n’en est rien. Que rien ne va reprendre comme avant. Que les dégâts vont être énormes, voire irréparables.

Certes, le confinement va finir un jour, les gens vont ressortir dans la rue, retourner à leurs occupations, les boutiques rouvrir, les activités reprendre, ce n’est pas la fin du monde, loin de là. Mais qu’en est-il pour le tourisme ? La question est d’autant plus importante qu’il s’agit du secteur économique principal pour l’archipel canarien et que sans le tourisme une grande partie des emplois vont disparaître, les investissements vont s’arrêter, les infrastructures vont se détériorer, les revenus de la population vont fondre comme neige au soleil, les gens vont se retrouver au chômage et désœuvrés, avec pour conséquence une augmentation draconienne de la pauvreté et des besoins d’assistance. Ce désastre peut-il être évité ? Pas vraiment.

Un modèle construit sur le tourisme de masse

Le problème des Îles Canaries, c’est qu’ici on ne vit pas seulement du tourisme, mais on vit du tourisme de masse, et ce n’est pas tout à fait la même chose. Car le tourisme va revenir, oui, mais tout petit, tout prudent, tranquillement, presque un par un, un avion ci, un avion là, un hôtel ci, un hôtel là, etc. Et pour Gran Canaria, fonctionner ainsi consisterait à ne recevoir que des miettes de ce qui était avant, au point que ce sera presque l’équivalent de zéro et que ça ne fera vivre personne ou presque.

Pour fonctionner normalement, pour remplir ses hôtels, ses restaurants, ses fêtes populaires et ses salles de spectacle, Gran Canaria a besoin de ses trois millions de touristes par an. Pas un de moins. Exactement comme avant. Tout est prévu pour fonctionner à partir de cette masse de trois millions de touristes par an. Et sinon, ça capote. C’est parce qu’il y a trois millions de touristes qu’on peut remplir à la fois Las Palmas, Playa del Inglés, Maspalomas, Puerto Rico, Puerto de Mogan, Arguineguin, Anfi del mar, Playa del Cura, Taurito, etc. Dès que la quantité de touristes diminue, il n’y a plus moyen de remplir tous ces appartements, ces hôtels, ces restaurants, ces supermarchés, etc. Tout est corelié et interdépendant. Et si la somme de touristes baisse, il n’y a plus assez de monde pour garantir le fonctionnement des établissements, et à partir de là, ils vont rester fermés et ne pourront plus ouvrir. La démonstration est assez simple.

Or, que faut-il pour garantir du tourisme de masse ? Là encore la démonstration est assez simple. Il faut au moins six conditions : 1) que la masse gagne assez d’argent pour pouvoir s’offrir des vacances, 2) que la masse ait des vacances, 3) que la masse ait envie de partir et de se déplacer à des milliers de kilomètres, 4) que la masse choisisse toujours les Canaries et particulièrement Gran Canaria comme destination soleil, 5) que les transporteurs soient suffisants pour acheminer cette masse, et 6) que les hébergements soient suffisants pour accueillir cette masse.

Il a fallu des années de travail et de conditionnement pour arriver à convaincre trois millions de touristes de choisir Gran Canaria chaque année, mais ces conditions seront-elles toujours remplies au moment du déconfinement ? Les choses n’auront-elles pas terriblement changé ? Il est à craindre qu’une bonne partie de ces conditions ne seront plus réunies quand le monde sortira de chez soi. Pour une raison ou pour une autre, qui changeront d’un pays à un autre, d’une personne à une autre, bien des gens verront les choses différemment et auront des besoin différents qu’ils assouviront différemment. Et cela aura un impact conséquent, immense et peut-être définitif, sur le secteur touristique dans les îles.

Une concurrence locale et internationale

D’emblée, on ne sait rien des conditions économiques qui attendent les uns et les autres, si bien qu’on n’a aucune idée du pouvoir d’achat qu’auront les voyageurs dans un futur immédiat. Impossible de savoir non plus s’ils auront encore des vacances, envie de partir loin de chez eux et s’ils auront encore le réflexe des îles Canaries comme destination soleil. Peut-être que certains préféreront un tourisme à taille plus modeste, plus sain pour la santé, avec moins de risques au niveau de la pollution, des maladies, des allergies, des risques de contagion. Et même si les Canaries restent une destination tentante, y aura-t-il encore de quoi faire vivre cinq îles à la fois ? N’oublions pas que Gran Canaria n’est pas la seule destination dans la région mais que nous sommes en concurrence immédiate avec les autres îles de l’archipel, notamment et surtout Tenerife, Lanzarote et Fuerteventura. La lutte pour la survie risque d’être chaude à l’intérieur même des Canaries.

Mais il y a un point plus grave et encore plus préoccupant, c’est la question des avions. Si vous vous êtes déjà promené aux alentours de l’aéroport de Gran Canaria avant la crise, vous savez sans doute que le rythme des arrivées se situait environ à un avion par minute pendant les heures de pointe, c’est-à-dire pendant plusieurs heures de la journée, sans aucun arrêt jamais, aucun jour de congés, y compris la nuit ! C’est au prix de cet incessant ballet d’avions que le nombre incroyable de trois millions de touristes par an pouvait être atteint. Mais ces avions vont-ils revenir un jour et surtout en aussi grand nombre ? Tous les observateurs aujourd’hui sont à peu près convaincus que les compagnies aériennes vont mettre jusqu’à quatre ou cinq ans avant de revenir à la normal, c’est du moins ce qu’a affirmé le groupe allemand Lufthansa, or nous dépendons beaucoup de l’Allemagne et des Allemands, que va-t-il se passer entre temps s’il n’y a pas d’avion ?

Les compagnies aériennes font partie des entreprises les plus touchées et impactés par la crise actuelle. Nul doute que d’énormes restructurations sont à prévoir. Dans presque chaque pays européen, les compagnies nationales vont devoir être renationalisées pour s’en sortir – c’est déjà le cas de l’Italie, et la France s’apprête à faire la même chose très rapidement – et elles auront bien d’autres priorités que d’ouvrir des lignes régulières pour desservir les Canaries, on s’en doute. Reverra-t-on un jour un vol Paris / Gran Canaria ? ou même Bruxelles / Gran Canaria ? Liège / Gran Canaria ? Charleroi / Gran Canaria ? Nantes / Gran Canaria ? Rien n’est moins sûr. Les compagnies low cost vont-elles redécoller ? Ryanair va-t-elle survivre ? Vueling ? Volotea ? Easy Jet ? Toutes ces compagnies ont actuellement cloué au sol tous leurs appareils et on ignore totalement si elles vont pouvoir reprendre un jour. Où trouver l’argent, les passagers ? Et si ces compagnies ne reprennent pas, qui va acheminer les trois millions de voyageurs vers Gran Canaria ? L’avenir est plus qu’incertain à ce sujet.

Un colosse aux pieds d’argile

Autre facteur, tout autant préoccupant, celui de l’hébergement. Les hôtels de Gran Canaria appartiennent majoritairement à de grands groupes, qu’ils soient locaux (comme Lopesan, Mur ou Cordial), nationaux (comme Barcelo, Riu, Melia) ou internationaux (comme Bull, Radisson Blu, Labranda ou Servatur), ces établissements fonctionnent grâce à des montages financiers complexes, chacun d’entre eux compte sur les autres du groupe pour équilibrer ses comtes et atteindre ses résultats, mais ce sont des géants aux pieds d’argile et dès qu’un établissement est touché, c’est toute la chaîne qui est fragilisée et s’effondre. Combien de temps ces monstres hôteliers pourront-ils se permettre de garder fermés leurs différents établissements ? Qui aura les reins assez solides pour tenir ? Et s’ils tiennent, dans quelles conditions pourront-ils rouvrir, à quel rythme et à quel prix ? Il ne fait aucun doute qu’à défaut de retrouver rapidement les trois millions de touristes par an qu’on avait avant, une grande partie d’entre eux ne se relèveront jamais. Quelles perspectives pour un Axel Beach Masalomas, par exemple ? Pour un Ritual Maspalomas ? Pour un Gold Marina ? Seul un avenir très sombre s’offre à eux. Déjà que plusieurs d’entre eux tenaient à peine la route…

Et il en va ainsi pour tout. Que vont devenir les centres commerciaux s’ils sont vides ? Le Holiday World de Maspalomas venait tout juste de se rénover à grands frais, ils ne pourront jamais rembourser et rentabiliser leurs frais. Le centre commercial Los Aliseos est encore tout jeune et n’a pas eu le temps de rembourser ses dettes et crédits. Le centre commercial Mogan Mall vient tout juste d’ouvrir et ne pourra jamais rentrer dans ses frais de construction et d’ouverture. Sans parler d’endroits plus anciens comme le centre commercial Cita ou Anexo II… La question se pose même pour le Yumbo. Sans parler du Hard Rock Café qui vient tout juste d’être inauguré après avoir entièrement rénové un édifice entier ! Combien de temps tous ces commerces pourront-ils rester fermés et sans clients ? Qui va continuer à entretenir ces énormes structures qui risquent de ne plus rien rapporter du tout, ou tout du moins plus assez pour fonctionner comme avant.

Il serait trop long de faire un tour complet de la situation pour chaque aspect de l’industrie touristique à Gran Canaria, mais il est évident que rien ne va pouvoir reprendre comme avant dans un futur proche, et qu’entre-temps, il va falloir tenir, se réinventer, mais plus rien ne sera jamais comme avant. De nombreux commerces vont fermer, petits ou grands, les restaurants ne reprendront plus, ou si peu, les excursions vont s’arrêter en attendant des jours meilleurs. Quand nous sortirons du confinement, de nombreuses personnes vont se retrouver au chômage, et parmi elles, un gros pourcentage d’étrangers résidents sur l’île, qui ne vont pas tarder à partir à leur tour pour retourner chez eux. Les rues vont se vider de plus en plus. Le monde d’avant ne reviendra pas. Ce sera à nous de le réinventer. Les Allemands, les Britanniques et les Scandinaves qui constituent la majorité de notre clientèle, auront bien d’autres choses à faire quand la crise sera finie que de se précipiter à Gran Canaria pour nous faire plaisir. Il faut s’y préparer dès aujourd’hui. Une page est désormais tournée.

 

 

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