Le vice président des Canaries veut déplacer les résidents hors des zones touristiques

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria avril 10, 2017 12:31

Le vice président des Canaries veut déplacer les résidents hors des zones touristiques

À la stupeur générale, le vice président des Canaries, M. Pablo Rodriguez a déclaré lors d’une intervention publique qu’il souhaitait déplacer les résidents hors des zones touristiques et qu’ils aillent s’installer progressivement ailleurs.

C’est lors d’un forum organisé à Gran Canaria par les quotidiens La Provincia et La Opinión de Tenerife que le vice président de la communauté autonome des Canaries a fait cette surprenante déclaration, affirmant même que le Gouvernement allait chercher des solutions en ce sens.

CanariasAlors qu’on l’interrogeait sur le problème que pouvait constituer la conversion progressive des espaces touristiques en zones résidentielles, le vice président de la communauté autonome des Canaries, M. Pablo Rodriguez, s’est prononcé en faveur de déplacer les citoyens qui résidaient dans des complexes touristiques, pour qu’ils s’en aillent progressivement ailleurs.

Il a également affirmé que le Gouvernement des Canaries chercherait des solutions en collaboration avec le Cabildo de Gran Canaria et l’Ayuntamiento de San Bartolomé de Tirajana pour obtenir le départ de ces résidents. Pour Rodriguez, ces mesures se justifient pour ne pas mettre en péril « les bijoux de la couronne », une expression qui désigne indirectement la station balnéaire de Maspalomas, soit la zone la plus rentable de l’île et une des principales ressources économiques de l’archipel.

Lui-même originaire de Telde, Rodriguez a ajouté que ce problème le préoccupait énormément et qu’il considérait que c’était un des plus importants défis que devra affronter la région des Canaries, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une situation qui dure depuis longtemps et qu’il va falloir concilier les droits de toutes les parties.

Des incitatifs qui permettront le déplacement des personnes qui habitent aujourd’hui dans des zones touristiques

AfectadosÀ ce sujet, il a précisé que dans cette affaire s’opposaient deux sortes de droit, celui des propriétaires d’appartements et celui de l’intérêt général. En conséquence, il a indiqué que toutes les administrations chercheront des « alternatives attrayantes qui permettront le déplacement des personnes qui habitent aujourd’hui dans des zones touristiques ».

Le vice-président a rappelé que les zones touristiques sont « les bijoux de la couronne » et qu’on ne doit pas permettre de les « mettre en péril ». Il a souligné que le juste milieu doit être le mot clé pour résoudre cette situation.

À l’annonce de cette déclaration de nombreuses réactions n’ont pas tardé à se faire entendre. Plusieurs trouvent en effet que l’idée de déplacer de force des populations est d’un fort mauvais goût et rappelle les pires pages de l’histoire récente de l’Europe. De nombreux intervenant se sont d’ailleurs empressés de souligner que le mot « déplacer » dans la bouche du vice-président voulait surtout dire « expulser ».

Pourquoi ne pas nous mettre dans des autobus et nous amener dans des camps de concentration dans les montagnes ?

apartamentos-roca-verde-playa-del-ingles-029L’association des Affectés de la loi touristique a réagi sur sa page Facebook en écrivant : « Ils veulent déplacer les résidents hors des zones touristiques ? Pourquoi ne pas nous mettre dans des autobus et nous amener dans des camps de concentration dans les montagnes ? Mais quelle sorte de thèses politiques sont-ce là ? Quel esprit sain et non rendu fou par la cupidité économique pourrait défendre de telles idées ? Bienvenue dans le grotesque monde politico-entrepreneurial canarien… »

Dans d’autres commentaires on pouvait lire : « Tous les politiciens canariens sont les marionnettes sans honneur des puissants et des corporations. Ils sont vraiment dégueulasses. Tous. »

Les réactions sont d’autant plus vives et indignées que Pablo Rodriguez est issu du parti Coalition Canarienne qui n’a obtenu que 18 000 votes aux dernières élections et n’a été placé qu’en 5è position, mais son représentant s’est quand même retrouvé au poste de vice-président grâce aux imbroglios de tout un système politique compliqué et souvent incompris.

Actuellement, c’est le complexe Roca Verde de Playa del Inglés (photo ci-contre) qui est le plus visé par d’éventuelles futures expulsions, à la demande de la société Alsol selon ce qu’a rappelé l’association des Affectés de la loi touristique.

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