Inspiré de la technique française du fil tiré, le calado canario s’expose à Ingenio

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria décembre 10, 2017 16:56

Inspiré de la technique française du fil tiré, le calado canario s’expose à Ingenio

Le calado canario est une technique artisanale de broderie originaire de France qui  a connu son heure de gloire au cours des siècles passés et qui s’est particulièrement imposée et développée dans la commune d’Ingenio. 

Aujourd’hui, alors que cette tradition est plus ou moins tombée en désuétude, le Museo de Piedra est le seul endroit de Gran Canaria qui rende hommage à ce savoir-faire séculaire en permettant à quelques ouvrières d’y exposer et de vendre leurs réalisations.

Le calado canario est une technique de broderie très ancienne, originaire de France, qui a été importée aux Canaries dans les années 1700, et qui consiste à retirer les fils d’un tissu (d’où son nom de « fil tiré ») pour ensuite broder sur la trame restante ou autour des trous crées. Ce savoir-faire généralement réservé aux femmes permettait de décorer et de personnaliser tous les linges de la maison comme par exemple les nappes, les serviettes, les mouchoirs, les draps, etc.

Il n’y a pas si longtemps encore, on trouvait du calado canario dans toutes les maison des îles Canaries, non seulement dans le trousseau des mères de famille mais aussi sur les vêtements pour agrémenter les cols ou les manches. Les ouvrières qui réalisaient ces travaux étaient souvent des femmes d’origine modeste qui en profitaient pour tirer un supplément de revenu.

À Gran Canaria, c’est à Ingenio que cette pratique s’est le plus implantés et développée. Avec le temps, l’usage s’est perdu peu à peu mais il survit encore aujourd’hui dans un endroit insolite, le Museo de Piedra (Musée de Pierre) qui a décidé d’accueillir les rares ouvrières qui travaillent encore ce procédé pour leur permettre d’exposer leur travail et de montrer leur habileté.

Il faut des heures pour réaliser la moindre pièce de calado canario, c’est pourquoi les œuvres réalisées se vendent relativement cher, il faut souvent compter plusieurs dizaines d’euros et la facture peut se chiffrer en centaines d’euros pour les plus grandes dimensions. Mais les ouvrières vous expliqueront qu’en fait, si on tient compte du temps passé, le prix n’est pas si élevé et correspond à peine à 0,75 € de l’heure, ce qui est loin d’être rentable. Elles le reconnaissent souvent elles-mêmes, elles font ça par amour de l’art, pour perpétuer la tradition, pas pour l’argent.

Les petites mains d’Ingénio sont les dernières dépositaires d’un héritage manuel sophistiqué et précieux qui fait la fierté de toute la municipalité et des environs. Elles donnent d’ailleurs des cours et dirigent des ateliers pour ceux et celles qui voudraient s’initier à leur tour. Elles sont aussi l’objet de la curiosité de plusieurs professionnels de la confection de par le monde, il arrive souvent que des journalistes étrangers viennent les filmer en train de travailler ou faire des reportages sur elles. Des créateurs de haute couture ont même intégré le calado canario dans de récentes collections.

Les ouvrières d’Ingenio se battent vaillamment contre vents et marées pour préserver et transmettre leur art, mais l’avenir est sombre pour le calado canario car c’est un procédé long et compliqué à enseigner et il ne rapporte presque rien. Qui plus est, ce marché souffre actuellement cruellement de la concurrence chinoise qui copie les originaux et les reproduit à bas prix, une pratique qu’aucun gouvernement ni institution n’a jamais jugé utile de combattre, au plus grand désarroi des défenseurs de la tradition.

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