Ce projet de taxe touristique pour Gran Canaria qui n’en finit pas de faire débat

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria janvier 28, 2018 16:53

Ce projet de taxe touristique pour Gran Canaria qui n’en finit pas de faire débat

Depuis 2014, l’idée d’une taxe touristique pour Gran Canaria est sérieusement à l’étude. Sans cesse écarté et sans cesse ravivé, le projet n’en finit pas de faire débat. Mais de quoi s’agit-il exactement et quels sont ses défenseurs ?

Surgi sur la scène politique en 2014, alors que le gouvernement central avait réduit une fois de plus le budget de la région autonome des Îles Canaries, l’idée d’implanter une taxe touristique notamment à Gran Canaria est un projet défendu par Nueva Canarias, un parti souverainiste de centre gauche.

Roman Rodriguez, défenseur du projet pour Nueva Canarias (NC).

Août 2014,  le porte-parole parlementaire des îles Canaries, Román Rodríguez, représentant du parti Nueva Canarias (NC), annonce que son groupe inscrira de nouveau au Parlement régional le projet de loi sur l’introduction d’une taxe touristique pour les visiteurs. On l’appelle aussi parfois taxe de séjour, mais ça revient au même.

L’idée est défendue d’autant plus par les souverainistes que le budget des Îles Canaries est sans cesse réduit par le gouvernement central. Rien qu’en 2015, il a baissé de plus de 200 millions. parallèlement, 800 millions étaient supprimés en subvention. Il est donc impératif de trouver de nouvelles sources de financement. Selon le parti souverainiste, la taxe de séjour est une mesure parfaite pour améliorer la destination, sans affecter les citoyens de l’archipel.

 

Un principe facile à mettre en place et très rentable

L’argent récolté serait réparti à 50% entre le gouvernement canarien et 50 % aux institutions locales, qui auront la charge de s’attribueront l’argent entre elles à parts égales. Les fonds seraient réinvestis notamment pour rénover des espaces publics ou pour favoriser la création de nouveaux emplois. Il s’agirait toujours de l’utiliser dans l’intérêt général.

Lucas Bravo de Laguna (PP) est farouchement opposé à la taxe touristique.

Au total, les défenseurs du projet affirment que la taxe permettrait d’aller chercher jusqu’à 90 millions d’euros par an, ce qui serait tout bénéfice pour la population grancanarienne.

La nouvelle taxe serait calculée en fonction du nombre de jours de chaque séjour. Son coût pourrait osciller entre 0,50 centimes et 1,50 euro par jour, selon la catégorie de l’établissement. Les moins de 14 ans, les personnes bénéficiant d’un programme d’aide sociale de l’union européenne, les auberges de jeunesse et les campings seraient exemptés.

Le porte-parole de Nueva Canarias a insisté sur le fait que ce genre de taxe s’applique déjà dans divers endroits du monde (New York, Rome, Bruxelles, Marseille…), et même en Espagne (Barcelone, Baléares), sans aucune conséquence négative pour la destination. Au contraire, le principe de la taxe de séjour est généralement bien compris et accepté par les voyageurs qui la trouvent souvent justifiée et utile. La plupart du temps, ils ne se rendent même pas compte qu’elle existe.

 

Prendre le virage de la qualité plutôt que de la quantité

Pour sa part, le représentant du Partido Popular (PP) – parti de droite actuellement au pouvoir à Madrid – a manifesté une vive opposition au projet, affirmant parallèlement que l’idée avait déjà été rejetée par l’ensemble des associations patronales et touristiques de l’archipel. Lucas Bravo de Laguna a qualifié le principe d’injuste et de contre productif, ajoutant que c’était une erreur d’envisager ce genre de mesure alors que Gran Canaria a plus besoin de stimuli et d’appuis que de nouveaux impôts.

Ángel Riviero Garcia plaide pour plus de qualité que de quantité.

Le projet de taxe a néanmoins d’autres partisans et défenseurs. En janvier 2018, l’éditorialiste de la revue de gauche Canarias-Semanal abordait de nouveau le sujet dans les médias en prenant vivement position en faveur de la mesure. Selon Ángel Rivero García, la taxe de séjour est fondamentale pour aller vers un tourisme plus soutenable, gagner en compétitivité et améliorer la destination.

Pour le chroniqueur, il est vital de miser sur un tourisme de qualité plus que sur la quantité, comme c’est le cas actuellement. Il rappelle que l’île est trop petite pour accueillir toujours plus de monde et que, sur un plan économique, il est plus avantageux de miser sur une clientèle à l’aise financièrement. La taxe de séjour permettrait justement d’atteindre cet objectif. En plus de tous ses autres avantages !

 

[ 1er Salon Francophone de Gran Canaria, vendredi 16 février 2018 ]

 

Sources (en espagnol) :

[ Europa Press  ] [ El Diario ] [ La Provincia ] [ Revista Tara ] [ Canarias Semanal ]

 

 

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Par Ici Gran Canaria janvier 28, 2018 16:53

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