Sur la côte sauvage de Gran Canaria, un village de pêcheurs insolite et fascinant

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria mars 26, 2018 12:42

Sur la côte sauvage de Gran Canaria, un village de pêcheurs insolite et fascinant

Blotti dans un recoin méconnu et peu fréquenté de Gran Canaria, en plein cœur de la côte sauvage, le petit village de pêcheurs La Caleta de Arriba est un endroit insolite, oublié du monde, qui a préservé son charme d’antan et sauvegardé un cachet authentique.

C’est l’un de ces endroits perdus qu’on ne rencontre pas par hasard, il faut vraiment le chercher et vouloir s’y rendre pour y arriver, mais une fois sur place, la surprise est totale. Perché à l’extrémité nord ouest de l’île, le village de La Caleta de Arriba offre toutes les caractéristiques d’un véritable dépaysement.

C’est un petit village battu par les vents et par les vagues de l’océan, agrippé à sa falaise, et qui descend en pente raide vers la mer. D’emblée, on se sent loin de tout, isolé du monde. Et d’emblée, la présence des forces de la nature vous submerge, impossible d’y échapper. On a l’impression d’être ailleurs, on ne sait pas trop où, dans un mélange bizarre de tout plein d’endroits où on est déjà allé, mais en même temps dans aucun d’entre eux. Car on voit bien qu’on est à Gran Canaria.

L’histoire de La Caleta de Arriba remonte à ces temps anciens où deux municipalités voisines se disputaient le contrôle du petit port de pêche. En effet, l’endroit se situe quasiment sur la ligne de partage entre Galdar à l’est et Santa Maria de Guía à l’ouest, du coup les revendications n’ont pas tardé à faire surface.

 

Au cœur d’une rivalité territoriale

Il faut dire qu’entre ces deux communes, les tensions étaient fortes depuis toujours, précisément à partir du moment où toute une partie de Galdar avait décidé de prendre son indépendance et de se séparer de la terre d’origine pour devenir Santa Maria de Guía et rafler La Caleta de Arriba au passage.

Même si on a du mal à l’imaginer aujourd’hui, La Caleta de Arriba a constitué un enjeu majeur pendant des décennies pour toute la population installée dans la zone. En effet, la ville de Galdar possédait déjà son port, celui de Sardina del Norte, par lequel transitait toute la marchandise et la pêche destinée à la municipalité. Mais Santa Maria de Guía n’en avait pas et il lui en fallait un.

De fait, si Santa Maria de Guía avait laissé échapper le contrôle de La Caleta de Arriba, non seulement la commune n’aurait pas eu d’accès marchand à la mer, mais en plus elle aurait dépendu de sa voisine et se serait ainsi placé sous sa tutelle. Un destin inenvisageable pour le jeune territoire sécessionniste qui a su rapidement faire triompher ses droits et gagner la bataille des frontières !

 

De la prospérité au déclin

C’est ainsi que La Caleta appartient désormais à la commune de Guía. Grâce à sa position stratégique pour la municipalité, le petit port a connu un développement rapide, les pêcheurs ont afflué dans la zone et ont construit leur maison où ils ont pu, la plupart du temps à flanc de falaise et à même la roche, au plus près du rivage et du battement des vagues.

Pendant un temps, l’endroit a été synonyme d’une certaine prospérité, notamment grâce à la proximité de nombreuses bananeraies et autres exploitations agricoles situées tout près dans l’arrière pays. Puis, le commerce de la pêche et le transport de marchandises se sont déplacés vers les centres industriels voisins et l’activité locale a décliné. Les habitants ont commencé à déserter le village, trouvant de meilleurs conditions de vie dans des endroits plus modernes.

Aujourd’hui, La Caleta de Arriba offre le visage d’un village endormi, il reste encore des habitants mais de moins en moins nombreux et plusieurs maisons sont à vendre à des prix dérisoires. Il n’existe sur place ni boutique ni service, à peine un bar qui ouvre par intermittence. Aucun transport en commun, les bus ne passent pas, mais la ville de Galdar est à seulement 10 minutes de voiture.

Le petit port s’anime toujours aux beaux jours, spécialement en été, quand le soleil réchauffe la côte et que les baigneurs viennent profiter des installations maritimes et des bassins. Avec son charme authentique et ses nombreuses particularités préservées, La Caleta de Arriba mérite vraiment la visite et peut-être même plus.

 

À la rencontre du kitsch et des émotions fortes

Les couloirs étroits et les passages aménagés à flanc de falaise pour accéder aux maisons sont de véritables curiosités. On a l’impression de marcher suspendu dans le vide ! Cela fait penser un peu au village de El Roque mais en encore plus sauvage et en plus abrupte.

Et puis, il y a cette particularité absolument stupéfiante. À cause de la proximité de la mer, et pour se protéger du sel et des embruns, certaines maisons sont recouvertes de carrelage, selon le vieux principe des azulejos. C’est le matériau le plus étanche et le plus résistant pour faire face à de telles conditions, le réflexe est donc judicieux, si ce n’est que le choix des motifs et des couleurs est souvent très spécial… et le résultat surréaliste. Total kitsch garanti !

Pour toutes ces raisons, La Caleta de Arriba offre un spectacle unique en son genre et absolument jamais vu ailleurs, même à Gran Canaria. La descente vers le port et vers la mer est impressionnante. Tout au bout du chemin, à seulement quelques pas, on aperçoit l’entrée d’une grotte, creusée à même la falaise, qui abrite une statue de vierge. L’accès se fait par un petit escalier bleu, du plus bel effet, qui ne manque pas d’attirer l’attention du visiteur et ajoute un côté intrigant au paysage.

 

Réservez dès à présent votre excursion guidée et découvrez vraiment Gran Canaria !

 

Lire également sur le même sujet :

 

 

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria mars 26, 2018 12:42

Articles classés par mois