L’âne de Gran Canaria, une espèce menacée et un usage en déclin, mais il survit quand même

Ici Gran Canaria
Par Ici Gran Canaria décembre 6, 2017 18:33

L’âne de Gran Canaria, une espèce menacée et un usage en déclin, mais il survit quand même

Pendant des siècles, l’âne de Gran Canaria a été le fidèle compagnon des habitants de l’île, en même temps qu’un recours indispensable pour certains travaux, mais s’il a failli disparaître avec le temps, l’animal aujourd’hui n’est plus menacé d’extinction.

L’âne de Gran Canaria a bien failli disparaître au cours des dernières années mais, grâce à la mobilisation de quelques nostalgiques et d’amoureux des animaux, l’espèce survit tant bien que mal, surtout dans les montagnes de l’île, et ce pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Il n’y a pas encore si longtemps, l’âne de Gran Canaria était un véritable roi sur l’île. Il suffit de remonter pas plus loin qu’une cinquantaine d’années en arrière et quasiment chaque famille en possédait un. Ils étaient nombreux et faisait totalement partie du paysage quotidien.

Utilisé à la fois pour les loisirs comme pour le travail, non seulement pour se déplacer, mais aussi pour porter des charges, l’âne constituait un véritable moyen de transport et un recours indispensable parfaitement adapté à la géographie de l’île. Il savait se faufiler partout, emprunter les chemins les plus tortueux et escarpés, accéder aux plantations en terrasses, et il résistait vaillamment aux poids qu’on lui mettait sur le dos. Certains le surnomment même le « moteur de la géographie rurale canarienne ».

Des lendemains difficiles

Avec l’apparition des nouvelles technologies, tant au niveau des outils que des moyens de déplacement, l’âne de Gran Canaria a perdu de son utilité. Pire encore, il est devenu encombrant ! S’il était facile d’en avoir un du temps où presque tout le monde habitait une ferme ou une exploitation agricole, cela devint beaucoup plus difficile une fois commencée la migration des populations vers les villes. Non seulement on ne savait plus quoi en faire mais on savait encore moins où le mettre !

Rapidement, l’âne de Gran Canaria s’est mis à décliner et à péricliter. Les propriétaires vendaient les leurs. On ne cherchait plus à les faire se reproduire. L’espèce était au bord de disparaître. Pourtant, l’animal n’a jamais démérité. Originaire de Fuerteventura, l’île voisine, et auparavant du zèbre d’Afrique, on décrit l’âne de Gran Canaria comme « résistant au soleil et à la chaleur, petit de taille, court sur pattes, affectueux et de bon caractère ». Qui plus est, il fait partie des animaux qui sentent le moins mauvais !

C’est dans ce contexte que s’est lancé il y a plus d’une vingtaine d’années la Feria Aquina de La Culata, une manifestation populaire qui se tient à La Culeta de Tejeda et où l’on peut voir de nombreux spécimens d’ânes mais aussi des mules, des poneys, des juments, des mulets et des chevaux. Les participants viennent de toutes les parties de l’île pour montrer leurs animaux et les plus belles bêtes sont récompensées par des prix. L’événement se tient tous les ans en mai au moment des fêtes patronales du village.

Un espoir de renaissance

Suite au succès, une association a été créée en 2002, la Asociación Equina La Culata, dirigée par son président fondateur Fernando García Alba et qui a pour but de rappeler l’existence de l’âne de Gran Canaria et d’empêcher son extinction. Parallèlement, s’est ouvert un centre de soin dédié à la préservation et à la reproduction des ânes a été créé (Centro de Recuperación del Burro / Centro de Mejora de Razas Ganaderas en los llanos de la Pez y Pargana) où l’on assiste actuellement à la naissance de 8 à 10 spécimens par an.

Aujourd’hui, on peut affirmer que la race a été sauvée pour le moment et qu’elle n’est plus menacée d’extinction. On estime d’ailleurs qu’on compterait environ une centaine de bêtes répartis sur l’île, même s’il est très difficile de les dénombrer précisément vu qu’il n’existe aucun registre officiel à ce sujet. Reste à savoir ce que vont devenir les ânes de Gran Canaria car il faut bien constater malheureusement que leur usage et utilité dans la société actuelle ont pratiquement totalement disparu.

Certes, on peut mettre de l’avant le fait que leurs défections constituent une excellente source de potassium naturel pour l’agriculture, on peut aussi vanter le fait qu’ils soient d’excellents animaux de compagnie à la campagne, il n’en reste pas moins qu’un des principaux débouchés pour eux serait encore une fois le tourisme avec la mise en place de safaris à dos d’âne qui existent déjà et ne cessent de connaître un succès grandissant auprès des résidents comme des visiteurs.

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